ChatGPT par-ci, Claude par-là. Des outils par-ci, des modèles par-là. Et maintenant des chercheurs qui nous sortent un modèle d'ingénierie pédagogique intégrant l'IA. Mais attendez... Est-ce qu'on avait vraiment besoin de réinventer la roue ? Le bon vieux ADDIE ne suffit plus ? Et c’est quoi ce nouveau modèle ADGIE ? (article pdf disponible tout en bas de l’article)

👋 ADDIE : le modèle de référence en ingénierie pédagogique


Commençons par les bases. Le modèle ADDIE, c'est un peu le couteau suisse de l'ingénierie pédagogique depuis... eh bien, depuis que l'ingénierie pédagogique existe. Cinq phases, simples comme bonjour :

Analyse - on commence par se poser les bonnes questions. Qui sont mes apprenants ? Qu'est-ce qu'ils savent déjà ? Qu'est-ce qu'ils doivent apprendre ? Avec quelles ressources ? C'est la phase "on réfléchit avant d'agir", celle qu'on a tendance à bâcler quand on est pressé (avouez, vous aussi vous l'avez fait).

Design - là, on “architecture”. On définit les objectifs pédagogiques, on choisit les méthodes, on structure le parcours. C'est le moment où on sort les taxonomies de Bloom et où on conçoit des parcours hybrides multimodales mêlant synchrone et asynchrone, etc.

Développement - les mains dans le cambouis ! On produit les contenus, on crée les supports, on développe les activités. C'est souvent la phase la plus chronophage, celle où on passe des nuits blanches sur Storyline.

Implémentation - Show time ! On déploie, on anime, on accompagne. C'est le moment de vérité où notre beau dispositif rencontre la réalité du terrain.

Évaluation - On fait le bilan. Calmement. En se remémorant chaque instant. Ça a marché ? Les objectifs sont atteints ? Qu'est-ce qu'on améliore pour la prochaine fois ?

Le truc génial avec ADDIE, c'est sa simplicité et sa flexibilité. Ça marche pour tout : du e-learning au présentiel, de la formation technique au développement personnel. Personnellement, je suis entré dans le monde de l’ingénierie en pensant ADDIE du matin au soir. Une boussole bienvenue qui a le mérite de cadrer un projet pédagogique. Et moi le cadre, j’aime ça. Mais voilà, c'est justement ce caractère générique de la méthode qui pose problème aujourd'hui. ADDIE a été conçu à une époque où "technologie" signifiait rétroprojecteur et magnétoscope. Forcément, face à l'IA générative, il montre ses limites. Du coup on fait quoi ? On jette ADDIE ? Que nenni.

💭 Pourquoi repenser nos modèles en 2025 ?


La réponse est simple : ADDIE et l'IA générative ne vivent pas dans le même siècle. Notre bon vieux modèle a été conçu pour un monde prévisible, où l'on construisait une formation comme on bâtit une maison : brique par brique, selon un plan fixe. C’est une méthode qui demande du temps, de la linéarité et qui part du principe que c'est nous, humains, qui produisons la totalité du contenu. Or, l'IA fait voler en éclats ces trois piliers. Le conflit est total :

Le problème n'est donc pas qu'ADDIE est mauvais. C'est qu'il est devenu inadapté. Tenter de lui faire intégrer la puissance de l'IA, c'est comme demander à un sculpteur sur pierre de travailler avec de la lumière. Les outils ont changé si radicalement que le processus lui-même doit être réinventé.